7 janvier 1957 : La bataille d’Alger commence, la torture aussi.
"...Quelques jeeps quittent la P.J. et ramènent une dizaine d'Algériens ramassés au hasard dans la rue ou, plus fréquemment, dans un douar environnant. Les uns après les autres, en présence du suspect qui, seul, intéresse la police, ces hommes vont être torturés jusqu'à la mort. On estime qu'après 5 ou 6 assassinats, le véritable interrogatoire peut commencer..."
Pour la révolution africaine, Frantz Fanon (Edition 1969)
L'insurrection algérienne a débuté deux ans auparavant, le 20 août 1955, plus précisément à Philippeville. Les militaires entraînent la France dans la voie de la répression, massacrant des musulmans modérés. La guerre d'Algérie a commencé. Le Général Massu se voit confier les pleins pouvoirs de police à Alger qui, avec son agglomération, compte 800 000 âmes, le 7 janvier 1957. Il a sous ses ordres 6 000 parachutistes, militaires de premier plan.
Jacques Massu dépend de Guy Mollet, Président socialiste, qui a pour Ministre de la Justice un certain François Mitterrand qui est âgé de 39 ans à l'époque. La tâche n'était pas facile pour ce gouvernement car, le raid franco-anglais contre le Président Égyptien Nasser pour défendre le canal de Suez avait été un cuisant échec. Cette même année 1956, le FLN montrait ses griffes avec les attentats du Milk Bar et de la Cafétéria à Alger le 30 septembre. Ce furent les premiers attentats terroristes qui frappèrent les populations dans des lieux publics. Décision est donc prise d'envoyer des troupes sur place pour faire régner l'ordre français. À partir du 7 janvier 1957, plus rien n'arrêta les parachutistes de Massu. Pour stopper les terroristes, ils pratiquèrent la torture pour obtenir les noms des poseurs de bombes. Les exécutions sommaires se multiplièrent, les jugements expéditifs aussi, la population vivait dans la terreur. La presse française, dans une large majorité, se fit l'écho des pendaisons, des « noyades » dans des baignoires, des tortures à l'électricité. À force de vouloir le faire entendre, la presse provoqua une commission d'enquête dont le rapport fut catastrophique le 21 juillet 1957. « Le Monde » le publia et ... Il fut saisi. Tout le monde finit peu à peu par se taire mais les résultats étaient là : la terreur diminuait à Alger et le FLN était peu à peu démantelé. Pourtant, des voix s'élevèrent ici ou là contre la torture, comme celle du Général Jacques Pâris de la Bollardière. Aussitôt, il fut relevé de ses fonctions et emprisonné 15 jours en avril 1957.

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